Promouvoir la traduction, défendre les traducteurs

Traducteurs anonymes ?

Souvent, nous, traducteurs, déplorons que certains éditeurs ne respectent pas leur obligation légale de citer notre nom dans leurs catalogues et autres supports de communication. De même, les professionnels des médias oublient parfois d’indiquer le nom du traducteur, alors qu’ils citent des extraits de son travail.
Consolons-nous ! En plus des nombreux éditeurs et journalistes qui savent se souvenir de nous, les amateurs ne manquent pas qui, sur leurs pages de blog consacrées aux livres, soulignent la valeur de notre travail. À notre tour d’en citer quelques-uns ici !

Certains indiquent simplement notre nom, comme Café Powel (webzine culturel) : quand il se penche sur un manga pas comme les autres, il précise qu’il est traduit du japonais par Géraldine Oudin.
Unknown


D’autres, non contents de citer le nom du traducteur, en font l’éloge, comme Les Riches Heures de Fantasia (thématique : la littérature pour la jeunesse) :
« Best-seller en Allemagne, la trilogie Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Emeraude voit son premier tome impeccablement traduit en français par Nelly Lemaire, jusque dans les dialogues très naturels. »
Rubis


Coquelicots, coquillages… et belles plages (thématique : le monde – le voyage – en livres) s’enthousiasme pour le travail d’Erika Abrams :
« Alors voilà le pavé de l’année ! quasiment 1000 pages, un bon kilo de littérature.
 Une très belle écriture au délicieux style suranné empruntant aux œuvres littéraires du XIXe siècle. Un vocabulaire d’une grande richesse, et mes félicitations à la traductrice qui a produit un texte vraiment magnifique en français. »
luminaires


Ici, le blog est placé sous la bannière de L’Express mais la plume reste amatrice. Ou plutôt, les Huit Plumes, celles des huit jurés du Prix des Lecteurs 2011. L’article au style enlevé est signé Véronique Poirson :
« Il y a dans ce livre un style extraordinaire, une précision des mots, une richesse à couper le souffle. Et un souffle, un de ces souffles, une énergie, une maturité, une jeunesse !!!! Et chapeau bas au traducteur, Olivier Mannoni ! »
La-tour-livre
Véronique Poirson récidive en saluant le travail d’Olivier Mannoni dans un nouveau billet des Huit Plumes, consacré à Un voleur de Bagdad.


L’auteur de Les Mots de Nanet (thématique : critiques de livres) fait non seulement une présentation de l’auteur d’origine mais aussi de son traducteur en français :
« […] Mais, j’ai lu ce livre en Français… et je dois, ici rendre hommage au traducteur.
Claro, auteur, est surtout connu pour les nombreuses traductions qu’il a effectuées. Il vient pourtant de publier un de ses propres livres : Le Clavier cannibale, cette année.
« Sa plume est douce, et réfléchie, et c’est avec beaucoup de talent qu’il a su donner à l’œuvre de Vikram Seth, une forme belle et envoûtante. Il a mis trois ans pour effectuer la traduction, tant la tache était ardue. Car, s’il est « simple » de poser en français les mots d’un auteur anglais (après tout, la création est déjà faite, il suffit de changer les mots et de conserver l’histoire, les phrases…) ici, il lui fallait garder l’histoire mais aussi la forme !
Et si l’on se demande pourquoi Claro s’est attaqué à cette difficulté, la réponse se trouve page 81 : « Liberté et contrainte : ainsi triomphe l’art ! »
goldenPlus loin, Nanet remet ça en se penchant sur le choix de Claro, concernant la traduction des vers :
« Golden Gate est donc un roman, mais rédigé en vers octosyllabiques dans sa version originale, transformés en alexandrins car ils conviennent mieux au mètre français. Je n’ai pas tenté la lecture en anglais, de peur de ne pas apprécier la nature du texte.

Note du traducteur :
Pourquoi l’alexandrin
Et non, fidèlement, le vif octosyllabe
Puisque le tétramètre apparemment contient
Suffisamment de pieds pour imiter le crabe ?
Mais j’ai dû convenir que pour chasser huit pieds
Il fallait trop souvent tordre le chausse-pied
Du tempo et insérer, de force, la forme,
Au risque de causer une allure difforme.) »


  1. Yoshitoki Oima, A Silent Voice, tome 1, traduit du japonais par Géraldine Oudin, Ki-oon (Shonen), 2015.
  2. Kerstin Gier, Rouge Rubis, traduit de l’allemand par Nelly Lemaire, Milan, 2011.
  3. Eleanor Catton, Les Luminaires, traduit de l’anglais par Erika Abrams, Buchet-Chastel, 2014.
  4. Uwe Telkamp, La Tour, histoire en provenance d’une terre engloutie, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Grasset, 2012.
  5. Sherko Fatah, Un voleur de Bagdad, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Métailié, 2014.
  6. Vikram Seth, Golden Gate, traduit de l’anglais par Claro, Grasset, 2009.

Marie-Christine Guyon,
avec la collaboration de Frédérique Fraisse et Marie-Céline Georg.

(À suivre…)

1 Avis

  1. Merci pour cette citation, c’est très sympathique de votre part. Le travail des traducteurs n’est effectivement pas assez mis en avant, et votre article m’invite à le noter, dès les prochaines chroniques.

    Bonne journée, nanet

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