Promouvoir la traduction, défendre les traducteurs

Traducteurs anonymes ? (Suite)

Parfois, l’auteur du blog cite même le titre original de l’œuvre, ici un manga écrit en italien : Perché i giapponesi hanno gli occhi a mandorla.
Falaise Lynnaenne (thématique : littérature, de l’imaginaire surtout) :
« J’ai été un peu déçue de voir que c’était traduit de l’italien, j’ai très envie de découvrir les autres livres de l’auteur en version originale. Mais c’est juste parce que j’aime passionnément cette langue et que je veux m’améliorer dans cette lecture, absolument pas à cause de la traduction. Je tiens vraiment à insister sur le travail de Claudia Migliaccio, qui a traduit et adapté ce livre au public français, et qui a proposé des expressions familières de manière si bien implantée que je n’ai jamais été choquée (je râle tellement souvent sinon ! ici, c’est passé vraiment comme une lettre à la poste). La lecture se fait de manière très agréable en français. »
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Les blogueurs/blogueuses citent parfois des pans de texte, dans la langue source et dans la langue cible, tel Au Boudoir écarlate (thématique : audace, sensualité, magie…), qui complimente avec enthousiasme la traductrice :
« Je viens de tourner la dernière page du roman en français et je peux que remercier la Collection R et sa traductrice, Fabienne Vidallet, pour leur incroyable travail sur le roman. La traduction est parfaite. On ressent à 100 % les émotions, l’intensité qui se dégagent de l’histoire des personnages. Les phrases qui nous ont fait vibrer en anglais nous font autant d’effet en français. »
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Le plus souvent, le blog est individuel. Parfois, il est collectif, comme Addict-Culture (thématique : littérature, spectacle, cinéma, toute la culture). Les éloges fusent dans un billet signé Vincent, qui a pris soin d’interroger la traductrice :
« Qu’a voulu dire l’auteur ? Les nombreuses références laissent penser qu’il s’agit d’une œuvre d’une richesse insondable, et les notes de la traductrice (qui s’est montrée remarquablement disponible et m’a confié que tout ce qu’avait écrit Joshua Cohen était intentionnel) se révèlent vite indispensables, tant elles améliorent notre compréhension du texte. »
« Il convient de saluer l’admirable travail d’Annie-France Mistral, dont on imagine qu’elle a fourni une colossale somme d’efforts pour traduire ce livre inclassable et irrévérencieux, et la folie vivifiante de l’éditeur, Benoît Virot, qui a pris le pari de faire découvrir Joshua Cohen en France. »
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La fiction n’est pas seule à bénéficier des talents des traducteurs et à inspirer les blogueurs. Ici, c’est un webzine de photo, FotoPassion, à sa rubrique « Livres », qui a son mot à dire sur le rendu du texte en français :
« Souvent oublié, je tiens à souligner la parfaite traduction de l’ouvrage original par Michel Vallet. »
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Certains blogueurs, qui ne pensaient pas jusque-là à citer le nom du traducteur, se rendent compte de cet oubli (gentiment aidés pour cela par les principaux intéressés) et, faisant amende honorable, publient un billet entier à la gloire des « écriveurs de l’ombre ».
La Caverne des mots, un blog où les mots sont rois :
« Quelle maladresse impardonnable… J’aurais dû avant tout citer la merveilleuse traductrice : Isabelle Reinharez ! Car ce sont de ses mots à elle, bien sûr, qu’il était question dans mes éloges ! »
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Certains collègues cumulards font parler d’eux dans plusieurs blogs. Tel Jean-Pierre Aoustin qui, aux côtés de Julian Barnes, suscite l’admiration d’Au bon roman.com (tenu, on s’en serait douté, par un amateur de livres : « Pour les remercier, je parle d’eux. »), lequel consacre non seulement ce passage mais tout son billet à la traduction :
« Pour en revenir à la traduction – le fil rouge de ce billet –, je l’ai trouvée particulièrement réussie, c’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à en parler […]. Le texte est vraiment bien écrit, une vraie réussite, bravo monsieur Aoustin – en disant cela, j’espère ne pas vexer Julian Barnes qui y est certainement pour quelque chose lui aussi. »
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Jean-Pierre Aoustin récidive et oublie sa modestie habituelle en allant jusqu’à répondre à une interview, photo à l’appui, pour un autre blog, Le Book en train (thématique : la littérature anglophone traduite et en langue originale).


Autre vedette à l’affiche : Valérie Le Plouhinec, tombée dans La Soupe de l’espace. Mais là, ce sont des « pros » qui s’y collent, puisqu’il s’agit de libraires. Impossible de citer des extraits, de reproduire des éloges : l’article est une interview tout entière, instructive, intitulée Profession : traductrice.


  1. Keiko Ichiguchi, Pourquoi les Japonais ont les yeux bridés, traduit de l’italien par Claudia Migliaccio, Kana, 2007.
  2. Amy Harmon, Nos faces cachées, traduit de l’anglais par Fabienne Vidallet, Robert Laffont, 2015.
  3. Joshua Cohen, Le Paradis des autres, traduit de l’anglais par Annie-France Mistral, Le Nouvel Attila, 2014.
  4. J. Dennis Thomas, Guide pratique du Nikon D700, traduit de l’anglais par Michel Vallet.
  5. Ron Rash, Le Monde à l’endroit, traduit de l’anglais par Isabelle Reinharez, Seuil, 2012.
  6. Julian Barnes, Une fille, qui danse, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin, Mercure de France, 2013.

Lisez ces billets d’amoureux des livres pour leurs frais commentaires sur les livres et pas seulement parce qu’ils parlent en bien des traducteurs ! À toutes fins utiles et pour lever tout soupçon, précisons que les blogueurs cités ici n’ont pas de liens personnels avec les traducteurs complimentés.
En plus des traducteurs susmentionnés qui, tout rougissants, nous ont signalé eux-mêmes des blogs vantant leurs mérites, Frédérique Fraisse, Marie-Céline Georg et Marie-Christine Guyon ont contribué à cette moisson de louanges.

2 Avis

  1. Aoustin 6 ans ll y a

    Je voudrais juste préciser que, si je me réjouis que le monsieur du blog Au bon roman.com ait apprécié mon travail, je ne suis pas d’accord avec lui quand il écrit à propos de « Une fille, qui danse » : « Quant au roman je l’ai beaucoup apprécié également même si j’ai trouvé les deux grandes parties inégales. La première est passionnante alors que la seconde l’est moins malgré un dénouement à suspense qui ne la sauve pas vraiment. »
    Il se trouve que je pense exactement le contraire ! Et d’ailleurs chacune des deux parties n’a de sens que par rapport à l’autre…
    Cela pour rappeler qu’un jugement est toujours subjectif…
    Quoi qu’il en soit, merci à Marie-Christine et à ses copines pour l’effort d’avoir lancé cette nouvelle rubrique !
    Jean-Pierre

    • Aoustin 6 ans ll y a

      Je viens de me rendre compte que, pour lire les « avis » en entier (sans coupure à droite), il faut augmenter
      la taille de la page et non la réduire… En tout cas c’est comme ça chez moi !
      Et j’ajoute bien sûr Valérie et Claude aux remerciements…
      J-P

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