Promouvoir la traduction, défendre les traducteurs
scatvids.club A LOT OF CRAP

Patauge et petit bain

Patauge et petit bain

 Rose-Marie Vassallo, quel est le dernier livre que vous avez traduit, qui a été publié, et que vous avez aimé ?  
Ce n’est pas un poids lourd de la littérature, mais c’est celui dont mes exemplaires     d’hommage se sont enimage de couverturevolés le plus vite : Plouf, Splat !
Splat le chat n’est plus un débutant. Il a d’abord découvert l’école, avec terreur et délices ; il a été amoureux, il a guetté le Père Noël. Dans cet album, le voilà en route pour la piscine, lui qui trouve que l’eau, « c’est horrible, ça fait froid partout et en plus, c’est mouillé » !
Rob Scotton, le papa de ce félin qui a ses fans (les trois-huit ans, plus parents, grands-parents, arrière-grands-tantes), nous offre à nouveau des images au graphisme ébouriffant, fourmillant de détails au poil près, et un récit guère résistible, drolatique et qui sonne juste. Chacun de nous est un peu Splat ou l’a été.

Quels ont été les plaisirs/difficultés de traduction rencontrés ?
Traduire Splat, c’est presque un péché. Trop bon ; aucun mérite. Non que ce soit du vite fait sur le gaz. Ces phrases simplissimes à tailler au plus près, on y passe du temps : chacune pourrait prendre vingt formes. Tout au long de la gestation, on y revient chaque jour et, chaque jour, tout change. (Mauvais pour le rendement, ça.) Mais avouons-le : si on y revient tant, c’est qu’on s’amuse bien. Inventer des noms prononçables mais qui pourtant sonnent un peu grand-breton – dame ! pas question de franciser ces félidés si british –, tendre l’oreille pour entendre sonner en français les échanges nés en langue de Chakespeare, consulter tout l’entourage parce que, un plaisir, ça se partage…
NB : Ego chatouilleux, s’abstenir. Le nom du traducteur, euh, figure dans le même corps que (et en compagnie de) Loi 49-956 du 17 juillet 1949. La maquette, ma bonne dame, la maquette. Non négociable.
Eh ouais ! un péché, ça se paie.

Quel est son intérêt pour les lecteurs français ?
Une histoire à (se faire) lire et relire, jusqu’à la savoir par cœur, sur le thème – pas nouveau, et pour cause – de la peur secrète de l’eau ;
+ des images à « entrer dedans », comme on le fait si intensément, enfant, aussi longtemps que tous ces petits signes alignés restent un mystère ;
= un album qui a toutes les chances de ne pas dormir sur l’étagère.

Plouf, Splat !
Rob Scotton
traduit de l’anglais par Rose-Marie Vassallo.
Editions Nathan, Paris, 2011 – 34 p. 12,90 €.