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La traduction sans traducteurs

La traduction sans traducteurs

Les mauvaises manières d’un festival au nom de course à pied

Imaginez un festival dans une belle ville rose, faisant la promotion de la belle littérature, française et internationale. Imaginez un programme comprenant des lectures d’auteurs comme Toni Morrison ou Nii Ayikwei Parkes, auteur du prodigieux Notre quelque part. Imaginez…

Imaginez que ce même festival organise trois soirées de lectures publiques de Toni Morrisson sans mentionner une seule fois le nom de ses traductrices. Imaginez que non content de ne pas citer la traductrice de Nii Ayikwei Parkes (lequel lui a exprimé sa profonde gratitude à chaque fois qu’il l’a pu), j’ai nommé Sika Fakambi, le même festival précise que le prix Charles Baudelaire et le prix Laure-Bataillon, les deux prix français de traduction les plus prestigieux pour la langue anglaise, ont été attribués non pas à ladite traductrice mais à l’auteur.

Imaginez maintenant que nous ne citions pas une seule fois le nom de ce beau festival au programme duquel se trouve une pléthore d’écrivains magnifiques dont nous ne donnerons pas le nom, pas même celui de l’unique traductrice citée – et citée sans doute au seul motif qu’elle écrit aussi ses livres à elle. Qu’on ne mentionne même pas une seule fois la ville où il se déroule. Qu’on n’évoque pas le nom de ses soutiens – dont la Sofia, qui nous l’espérons réagira vite. Qu’on ne donne pas les dates. On aura une petite idée de ce que ressentent les traducteurs quand on piétine des deux pieds leur travail et quarante ans de lutte pour leur reconnaissance professionnelle.

O.M., traducteur anonyme.

À lire aussi, la réaction de l’ami Claro.

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