Promouvoir la traduction, défendre les traducteurs

Tiroir aux citations

  • Le péché contre l’esprit de l’œuvre commence toujours par le péché contre sa lettre.
    Igor Stravinsky, Poetics in the Form of Six Lessons
  • Toute littérature est traduction. Et traduction à son tour, la lecture que l’on en fait... D’où cet autre sentiment selon lequel on n’en aura jamais fini avec les textes que l’on aime, car ils rebondissent d’interprétation en interprétation...
    Hubert Nyssen, Éloge de la lecture, éd. Fides 1997
  • Le traducteur a fait en sorte qu’on ne le voie pas : il s’est transformé en une vitre si transparente qu’on a l’impression qu’elle n’existe pas.
    Nicolas Gogol, lettre à V. A. Joukovski, trad. A.-M. Tatsis-Botton
  • Quand on ne sait aucune langue étrangère on ne sait pas la sienne.
    Goethe, Les Affinités électives
  • Les traducteurs sont des espèces d’entremetteurs ; ce n’est jamais qu’à travers un voile qu’ils nous montrent la beauté dont ils nous vantent les attraits, et ils excitent ainsi en nous le désir irrésistible de connaître l’original.
    Goethe, Les Affinités électives
  • La traduction est au mieux un écho.
    George Borrow, Lavengro
  • Le traducteur ne doit pas se contenter d’être un bon linguiste, il doit être un excellent ethnographe : ce qui revient à demander non seulement qu’il sache tout de la langue qu’il traduit, mais aussi tout du peuple qui se sert de cette langue. Alors, il est un grand prestidigitateur, un magicien, le prêtre d’un huitième art.
    Georges Mounin, Linguistique et Traduction
  • Les traducteurs sont comme les peintres de portraits, ils peuvent embellir la copie, mais elle doit toujours ressembler à l’original.
    Élie Fréron, Lettres sur quelques écrits de ce temps
  • En premier lieu, il fault que le traducteur entende parfaictement le sens et matiere de l‘autheur qu’il traduict ; car par ceste intelligence il ne sera iamais obscur en sa traduction (…) La seconde chose qui est requise en traduction, c‘est que le traducteur ait parfaicte congnoissance de la langue de l’autheur qu’il traduict : et soit pareillement excellent en la langue en laquelle il se mect à traduire.
    Étienne Dolet, La manière de bien traduire d’une langue en aultre
  • Il n’y a qu’un moyen de rendre fidèlement un auteur d’une langue étrangère dans la nôtre. C’est de n’être satisfait de sa traduction que quand elle éveillera les mêmes impressions dans l’âme du lecteur
    Denis Diderot, Réflexions sur Térence
  • Le traducteur crée du faux qui est du vrai. Traduire c’est exécuter une danse pieds et poings liés.
    Dezsö Kosztolányi, Le Traducteur cleptomane, trad. M. Regnault
  • Il n’est pas nécessaire d’entendre une langue pour la traduire, puisqu’on ne traduit que pour les gens qui ne l’entendent point.
    Denis Diderot, Les Bijoux indiscrets
  • C’est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu’on commence à s’en apercevoir.
    Colette, Journal à rebours
  • Rien de plus difficile et de moins apprécié qu’une bonne traduction.
    Claudel, lettre à André Gide
  • Traduire, c’est se vouer au travail le plus ingrat et le moins estimé qui fut oncques… qui saura gré au traducteur d’avoir vaincu une difficulté, d’avoir pâli autour d’une phrase des journées entières ?
    Chateaubriand, Essai sur la littérature anglaise
  • Manier savamment une langue, c’est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.
    Charles Baudelaire, L’Art romantique
  • À l’image de l’original, la traduction doit produire l’effet de la vie et non de l’écriture.
    Boris Pasternak, Remarques sur les traductions de Shakespeare
  • Savez-vous pourquoi j’ai si patiemment traduit Poe ? Parce qu’il me ressemblait.
    Baudelaire, lettre à Théophile Thoré
  • On est autant de fois homme que l’on connaît de langues.
    Attribué à Charles Quint
  • Le grand avantage d’une traduction est que personne ne vous en saura gré et que cet acte de poésie sera oublié, ou tout au moins jugé compromis ou équivoque ; les beautés toujours viendront du poème traduit, les faiblesses toujours du traducteur. Le poème est recréé, mais à partir de sa fin, en remontant vers sa pure origine, souffle amical remontant toutes les eaux qui une fois déjà s’écoulèrent.
    Armand Robin, Fragments