Promouvoir la traduction, défendre les traducteurs

Apprentissages

Apprentissages

La chronique de Corinna Gepner

Une jeune fille de quinze ans écrit son histoire. La chose pourrait être banale – une adolescente se confiant à son journal –, mais nous sommes en 1831 et Mary est une paysanne issue d’une famille d’illettrés. Le récit sans concession qu’elle nous offre de son couleur du laitexistence couvre une brève période, celle qui la voit quitter sa famille pour entrer au service du pasteur Graham et de son épouse, très malade. Il retrace son modeste quotidien et nous conduit aussi à découvrir progressivement dans quelles conditions elle a appris à lire et à écrire. On ne dévoilera rien de son parcours poignant ni de la fonction de ce récit autobiographique, ce serait déflorer l’intrigue.
On soulignera juste l’incroyable intensité de ce court roman, sa justesse de ton, la parfaite adéquation du style et du personnage. Et on saluera l’excellence de la traduction, qui est un véritable travail d’orfèvre, d’une précision et d’une intelligence constantes dans le choix du vocabulaire, dans le respect de la syntaxe d’origine et dans la tonalité d’ensemble du texte. Voilà un livre qui mérite le détour.

Nell Leyshon
La Couleur du lait (The Colour of Milk)
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Karine Lalechère
Phébus, 2014

 

0 Avis

Laisser une réponse