Promouvoir la traduction, défendre les traducteurs

AG du CEATL à Norwich (Angleterre)

AG du CEATL à Norwich (Angleterre)

L’Assemblée générale annuelle du CEATL (Conseil européen des associations de traducteurs littéraires) a rassemblé, du 8 au 11 mai dernier, quarante délégués représentant vingt-neuf associations de traducteurs littéraires d’Europe – de l’Islande à la Bulgarie, de la Lituanie au Portugal.

Chaque année en effet, cette association-chapeau qu’est le CEATL tient son AG pendant trois jours dans un lieu différent d’Europe. L’ATLF étant membre du CEATL, deux déléguées, Cécile Deniard et Valérie Le Plouhinec, s’y sont rendues cette année.

Les réunions se déroulaient à Dragon Hall, une ancienne halle rénovée qui abrite le National Centre for Writing.

Que se passe-t-il pendant ces trois jours de retrouvailles annuelles ?

  • Une AG ordinaire se tient pour remplir les fonctions nécessaires à la bonne marche d’une association (rapports d’activité, approbation du budget, élection du CA un an sur deux, etc.)
  • Les groupes de travail se réunissent pour faire avancer leurs projets respectifs. En ce moment, cinq groupes sont actifs : Droit d’auteur, Bonnes pratiques, Visibilité, Formation, Aide au associations.
  • Lors d’une séance dite « Bonnes vibrations », chaque association a deux minutes pour présenter une initiative menée dans l’année, un succès, une bonne idée à partager.
  • Les délégués participent aussi à des « Mini Labs », séances de brainstorming en petits groupes sur un thème différent chaque année, destinées à perfectionner le fonctionnement du CEATL comme des associations adhérentes.
  • Les délégués assistent également à deux événements professionnels, dont un public – cette année, une présentation des activités du National Centre for Writing et du BCLT (British Center for Literary Translation), et une table ronde réunissant quatre traducteurs de W. G. Sebald, fondateur du BCLT.
  • Enfin, plus généralement l’AG annuelle est l’occasion de faire connaissance avec des associations similaires à la nôtre dans toute l’Europe, de se retrouver, d’échanger nouvelles et idées. L’ambiance est à la solidarité et à la convivialité, un réseau de liens forts se crée, des projets communs voient parfois le jour.

À gauche, séance « bonnes vibrations ».
À droite, les groupes de travail planchent sur les projets de l’année à venir.

 

 

Concrètement, que fait le CEATL ?

2018 a vu se former et se concrétiser plusieurs projets, sur lesquels le travail se poursuivra en 2019. En voici un florilège :

  • Le lancement début mai de la revue en ligne Contrepoint a été un succès, et le numéro 2 sortira en fin d’année. Dans la foulée, le site internet du CEATL va être repensé et relooké.
  • La Directive dite « DSM » sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique ayant été enfin adoptée par les législateurs de l’UE au printemps, le CEATL va maintenant aider les associations membres à diffuser les informations qui intéressent tout particulièrement les traducteurs et à surveiller l’application de la Directive dans leurs lois nationales.
  • Le CEATL va aussi, dans les deux années qui viennent, aider les associations à diffuser et promouvoir ses Recommandations pour des contrats de traduction équitables, afin d’en faire un texte de référence dans toute l’Europe.
  • Une enquête sociologique sur les conditions de travail dans les divers pays d’Europe est en préparation.
  • Le projet dit « Small is Great » de promotion de la traduction des langues de petite diffusion a été affiné. Après la réussite d’un séminaire pilote à Barcelone l’an dernier, une opération en coopération avec le Centre littéraire tchèque est engagée.
  • Le Conseil d’administration travaille à la rédaction d’une Charte des droits humains adaptée au cas des traducteurs littéraires, afin de pouvoir intervenir rapidement en cas d’atteintes à la liberté d’expression visant des traducteurs.
  • Un mémorandum d’accord est en projet avec la Foire du livre jeunesse de Bologne, afin de protéger les conditions de travail des traducteurs jeunesse, souvent moins bien traités que les traducteurs de littérature générale.
  • Une base de données recensant les bonnes idées venues de nos associations, les bonnes pratiques et toutes sortes de conseils pour la réussite d’une association de traducteurs littéraires sera présente sur le nouveau site du CEATL : une manière de mettre nos forces en commun pour mieux défendre la traduction littéraire dans tous nos pays.

Cette année était aussi une année d’élection au Conseil d’administration… qui compte désormais une déléguée de l’ATLF, ravie d’avoir intégré cette fine équipe.

Le Conseil d’administration :
(de gauche à droite)

Miquel Cabal Guarro
(Espagne/catalan), vice-président
Valérie Le Plouhinec (France),
secrétaire
Lara Hölblin Matcović (Croatie),
secrétaire générale
Morten Visby (Danemark),
président
Bjørn Herrman (Norvège),
vice-président
Shaun Whiteside (Royaume-Uni),
trésorier