Défendre les traducteurs, promouvoir la traduction

Le parcours d’une traduction

Le Syndicat national de l’édition et l’Association des traducteurs littéraires de France ont signé le 17 mars 2012 une nouvelle version du Code des usages, complétée fin 2014 par un point d’étape, qui précise les pratiques que les parties recommandent pour l’édition d’une traduction littéraire commandée par un éditeur. L’ATLF s’est également dotée d’un Code de déontologie.

Voici, en résumé, les étapes menant de la signature du contrat de traduction à la publication de l’œuvre traduite :

1. Un contrat est signé entre un éditeur et un traducteur

Par ce contrat, le traducteur s’engage à produire une traduction de qualité et à traduire lui-même (il s’interdit donc la sous-traitance ; s’il y a plusieurs traducteurs, chacun doit signer un contrat). Il cède les droits d’exploitation de sa traduction à un éditeur, qui possède les droits de l’œuvre originale et s’engage à publier la traduction, sous réserve d’acceptation.

Les discussions autour du contrat permettent notamment de se mettre d’accord sur :
– Le volume du travail à effectuer (par la réalisation d’un calibrage conjoint), les délais (suffisants pour permettre un travail de qualité et respecter le calendrier de publication de l’éditeur).
– La rémunération du traducteur (à-valoir et pourcentage sur le prix du livre).
– Les attentes éditoriales. Si la traduction doit respecter des contraintes particulières (adaptations, coupes, mises à jour, annexes…), celles-ci sont spécifiées dans le contrat.

La signature du contrat donne lieu au versement d’une partie de l’à-valoir.

2. Pendant le travail, le dialogue se poursuit

Toute modification substantielle des conditions d’exécution du contrat (délai supplémentaire demandé, modification conséquente du texte à traduire…) fait l’objet d’un avenant au contrat. En cas de retard prévisible, le traducteur prévient immédiatement l’éditeur.

3. La remise de la traduction

– Le traducteur remet un texte soigné, dans les délais prévus au contrat ; il indique le volume final de la traduction et signale les points sur lesquels il a effectué des corrections, des vérifications ou des choix de traduction particuliers.
– L’éditeur verse le deuxième tiers de l’à-valoir (si tel était l’échéancier prévu au contrat).

4. L’acceptation de la traduction

L’éditeur doit, dans un délai fixé au contrat, accepter formellement la traduction, la refuser ou en demander la révision ; ce délai court à compter de l’accusé de réception de la traduction. Sauf accord fixé au contrat, ce délai est de deux mois. Le solde de l’à-valoir est dû à l’échéance de ce délai, sauf refus de la traduction ou demande de révision ; cette échéance ne peut être liée à la publication de l’ouvrage (Code des usages).

Dans le cas où l’éditeur demande la révision de la traduction, celle-ci peut être effectuée par le traducteur ou par un tiers. Si le traducteur accepte de retravailler lui-même sa traduction, il perçoit les droits prévus au contrat sans diminution ni augmentation. Si le traducteur refuse de revoir sa traduction, l’éditeur peut effectuer lui-même la révision ou la confier à un tiers. Les droits d’auteur prévus au contrat de traduction sont alors répartis entre le traducteur et le réviseur en fonction de leur participation respective à la traduction achevée et acceptée par l‘éditeur.

5. Les étapes de correction

L’éditeur soumet les corrections au traducteur avant la mise en composition de la copie.
Ultérieurement, il communique également les épreuves au traducteur, qui les relit, les corrige et donne son accord pour la publication, parfois appelé « bon à tirer », dans les délais prévus au contrat.

6. La publication et l’exploitation de la traduction

L’éditeur informe le traducteur de la date de parution du livre et lui fait parvenir le nombre d’exemplaires fixé au contrat. Il fait figurer son nom sur l’ouvrage en première ou, à défaut, en quatrième de couverture ainsi qu’en page de titre.
Il rend des comptes annuels au traducteur sur l’exploitation de l’œuvre.

Que faire en cas de désaccord ?

Par exemple, en cas de contestation par le traducteur d’une demande de révision ou d’un refus de sa traduction par l’éditeur :

Dans un premier temps, le traducteur et l’éditeur sont invités à consulter l’ATLF et le SNE.

Par la suite, le différend pourra être soumis, d’un commun accord, à une tentative de conciliation menée par le SNE et l’ATLF suivant la procédure prévue au Code des usages.