Défendre les traducteurs, promouvoir la traduction

La traduction théâtrale

Comme tout traducteur, l’auteur d’une traduction d’œuvre théâtrale possède des droits patrimoniaux et moraux sur son œuvre (respect de son texte, mention de son nom sur tous les supports : livres, programmes, affiches, etc.).

La traduction d’une pièce de théâtre peut faire l’objet d’un contrat de commande.

  • – Dans le cas d’un éditeur, le contrat suit les règles habituelles d’un contrat d’édition : à-valoir calculé au feuillet et taux proportionnel sur les ventes (3 ou 4 %).
  • – Dans le cas d’un « entrepreneur de spectacles » (théâtre, compagnie, agent), le contrat prévoit une somme forfaitaire acquise au traducteur ou un à-valoir sur les droits de représentation.

Il est précisé que dans le cas où l’éditeur n’est pas à l’initiative de la traduction (celle-ci ayant été commandée et rémunérée initialement par un entrepreneur de spectacles), le contrat d’édition prévoira un taux proportionnel sur les ventes, assorti ou non d’une avance convenue entre les parties.

Dans le cas où le traducteur entreprend la traduction de son propre chef, il doit au préalable obtenir l’autorisation de l’auteur, de ses ayants droit ou de son agent.

Une traduction théâtrale, en cas de production, doit faire l’objet d’un « contrat de représentation dramatique » par lequel le traducteur cède les droits d’exploitation de son œuvre.
Ce contrat prévoit le partage des droits d’auteur entre l’auteur de l’œuvre originale et le traducteur –  généralement 60 et 40 % respectivement. Le pourcentage des recettes réservé aux auteurs selon les normes en usage à la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) est de 12 % pour les théâtres parisiens et de 10,5 % en province. Les droits d’auteur sont calculés soit sur les recettes (nombre et prix des entrées), soit en fonction d’un minimum garanti par représentation, soit sur le prix de vente du spectacle, selon la formule la plus favorable à l’auteur.

Il existe certains dispositifs d’aide aux traducteurs :

  • * Le CNT (Centre national du théâtre) alloue une quinzaine d’aides à la création (pièces françaises ou pièces étrangères traduites) en deux sessions annuelles. L’aide à la création consiste en une somme forfaitaire de 3 000 euros acquise à l’auteur ou au traducteur (et une somme variable pour aider au montage de la pièce si celui-ci intervient dans les trois ans).
  • * La Maison Antoine Vitez propose un « Code des usages pour la traduction d’une œuvre théâtrale » et accorde, dans le cadre de son programme annuel, une quinzaine d’aides à la traduction (d’un montant de 2 400 euros brut). Les demandes sont examinées par le Comité de lecture de la MAV, après sélection des textes par les comités littéraires des différents domaines linguistiques. L’exploitation de la pièce (sous forme d’une édition ou de la production d’un spectacle) n’est pas une condition nécessaire à l’obtention d’une aide.
    La Maison Antoine Vitez finance également (à hauteur de 2 100 euros brut) la traduction de pièces dans le cadre d’opérations spécifiques menées avec divers partenaires (théâtres, instituts culturels, festivals, etc.)