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24 septembre 2007
, par ATLF
Rapport de la Mission Livre 2010 "Pour que vive la politique du livre" La situation des traducteurs Dans un monde de plus en plus ouvert, l’échange des idées et des textes, qui a toujours été essentiel à l’élaboration d’une communauté de l’esprit, devient encore plus fondamental. De ce point de vue, la traduction est un élément essentiel de la chaîne du livre. Or, on sait que l’équilibre économique d’un livre traduit est très souvent difficile à atteindre. Nicolas-Jean Sed, ancien président des Editions du Cerf, en faisait naguère la démonstration suivante. Soit un livre de 500 pages : le coût de fabrication tourne autour de 12 000 euros, la traduction de 14 000 euros, pour un total de 26 000 euros. Le coefficient applicable à ce coût initial pour intégrer l’ensemble des frais (diffusion, marge libraire, frais de structure, droits étrangers…) est de 5, soit un coût final de 130 000 euros. Un tel investissement ne peut s’amortir que de deux manières : soit en vendant un nombre significatif d’exemplaires, soit en vendant l’ouvrage à un prix élevé : à 1 000 exemplaires, celui-ci devrait être de 150 euros. Ces deux hypothèses étant irréalistes, il est clair que bon nombre d’ouvrages traduits ne peuvent être produits sans que les pouvoirs publics soutiennent résolument la traduction. Le CNL s’est toujours préoccupé de la traduction, que ce soit dans le sens d’une langue étrangère vers le français (intraduction) ou du français vers une langue étrangère (extraduction). Entre les bourses aux traducteurs et les aides à la traduction , il a apporté une aide totale de plus de 2,5 millions d’euros en 2006. Compte tenu du changement de l’assiette de la taxe sur les appareils de reprographie, le budget du CNL sera substantiellement accru, et d’ores et déjà, le CNL a pris en compte le problème spécifique de l’aide à la traduction en créant une Bourse Jean Gattégno de 50 000 euros et en relevant le montant des bourses de séjour. Il est essentiel que ce soutien à la traduction soit maintenu à l’avenir. De même, les ambassades font un travail local pour identifier des traducteurs potentiels. Il est important que cette politique soit maintenue, voire accentuée, afin de consolider le réseau des traducteurs du français vers des langues très diverses, notamment les langues des pays émergents, comme la Chine, ou les pays d’Europe centrale. Il serait également intéressant que l’articulation entre la politique du Quai d’Orsay et celle du Ministère de la culture soit clarifiée, chaque ministère précisant aux éditeurs son périmètre et ses modalités d’intervention. Par ailleurs, d’autres initiatives existent, comme le Collège international des traducteurs littéraires en Arles (CITL), qui, depuis 1987, accueille chaque année en résidence près d’une centaine de traducteurs . Ils étaient 94 en 2006, venant de 38 pays et représentant 25 langues. Par ailleurs, le CITL organise des stages de formation. Plusieurs opérations ont ainsi été menées en 2006, notamment à destination des traducteurs franco-allemands et libanais. Enfin, le CITL travaille à mieux faire comprendre le métier de traducteur au public, par des rencontres et des assises annuelles qui ont pris toute leur place dans la vie littéraire française. Le CITL est d’ores et déjà soutenu par le CNL et le Quai d’Orsay et doit continuer à l’être pour la qualité de son travail et le soin qu’il accorde aux langues rares. Enfin, pour les traducteurs français, le Code des usages pour la traduction d’une oeuvre de littérature générale, passé en 1993 entre la Société des gens de lettres, l’Association des traducteurs littéraires de France et la Société française des traducteurs d’une part, et le Syndicat national de l’édition, d’autre part, encadre les relations contractuelles entre éditeur et traducteur, et précise notamment les modalités de rémunération de ce dernier. Ce code n’est malheureusement pas toujours appliqué (modification de certaines règles de calcul de la rémunération au feuillet par l’introduction d’un système de comptage informatique qui n’est pas favorable aux traducteurs, tendance de certains éditeurs à proposer des rémunérations forfaitaires, etc.). Il faut également noter que les tarifs de rémunération des traducteurs progressent faiblement depuis plusieurs années. Il serait donc important que ce code soit respecté et que des discussions dans ce sens puissent avoir lieu dans le cadre des structures en charge de ce problème. La mise en oeuvre de ces propositions serait d’autant plus intéressante qu’on pourrait en mesurer l’impact. Or, aujourd’hui il n’existe aucune statistique fiable en ce qui concerne les traductions, ce qui est d’autant plus regrettable qu’elles sont un signe tangible des échanges intellectuels entre les pays. Avant de développer une politique volontariste en faveur de la traduction, il faudrait savoir d’où l’on part et conduire une enquête pour obtenir des statistiques fiables sur l’achat et la vente de droits. Le rapport est téléchargeable intégrablement sur le site du CNL
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